L’heure est à la fête !

Hanaa Khachaba Nevine Ahmed Mardi 04 Juin 2019-13:47:53 Chronique et Analyse
L’heure est à la fête !
L’heure est à la fête !

A la fin du mois de Ramadan, les Musulmans du monde entier célèbrent la fête du petit Baïram, en commençant par la prière de la fête. Les Egyptiens sont réputés et depuis les temps les plus anciens pour leur amour des fêtes. Leurs habitudes et leurs rites en ces occasions diffèrent d'une époque à l'autre.

 

La fête en Egypte, c’est toute une ambiance. Sorties, voeux, des confiseries, du kahk et aussi des pétards ! Les gens portent leurs plus beaux habits et se dirigent dès l'aube vers les mosquées pour y faire la prière de la fête. Le kahk , gâteau spécialement confectionné pour cette fête, et qui est très important aussi bien que le poisson (puisqu’au Ramadan, il est très rare de manger des poissons lors de l’iftar), les brioches, les plats de viande.

Pour les enfants, cette fête signifie les balançoires, les nouveaux habits, le kahk , les jeux, la promenade dans les jardins, le cinéma , les lunas Park, la rencontre des amis, la visite des parents et surtout les donations financières, caractéristique de cette fête (eidia), car pour les enfants, elles signifient l'amour et la chance de s'acheter ce qu'ils veulent. C'est pourquoi les enfants attendent ce jour avec impatience et se sentent fiers de cumuler ces donations. Les jeunes sortent en groupe pour se promener sur les rives du Nil.

Les gens se réjouissent de la fête et s'échangent les félicitations et les gâteaux confectionnés dans les maisons. Le père de famille accompagnait ses enfants à la mosquée pour y faire la prière de la fête.

D’habitude, les Egyptiens ont une coutume héritée : se rendre aux cimetières le temps des fêtes. Les gens se rendaient au cimetière pour lire la Fatiha (première sourate du Coran) sur leurs parents morts et pour distribuer de l'argent aux pauvres. Quelques jours avant la fin du mois de Ramadan, c’est le temps de s’échanger les voeux à l’occasion de l’avènement de la fête. Si autrefois, comme nous venons de souligner, c’était le temps des visites familiales, avec le temps et la technologie, parfois l’on se suffit en clin d’oeil d’un simple click sur le bouton “envoyer”.

Ces textes de voeux que l’on envoie désormais aux collègues, aux amis et aux membres de la famille remplacent de plus en plus les coups de fil et les visites de courtoisie. Ce bouton magique se présente comme le sauveur à un moment où le rythme accéléré de la vie est roi. Ces messages ont aussi subi l’évolution comme toute autre chose.

Inspirés donc par la situation sociale et économique, ces messages de voeux reflètent l’esprit sarcastique des Egyptiens. Ces derniers se moquent souvent des prix du kahk, qui sont le plus souvent chez certains commerçants faramineux et inconcevables. C’est aussi le temps d’un air de nostalgie pour se rappeler des temps où l’odeur du kahk confectionné dans les fours des maisons ou ceux des boulangeries du quartier, flairait et embaumait l’air et donnait de la joie aux coeurs.

Ces messages sont également une occasion pour se moquer de soi, lorsque l’on se voit contraint de passer les jours de la Fête à la maison sans rien faire !

 

… et un peu d’histoire aussi pour la Fête

Sous les Fatimides, le petit Baïram était célébré par la distribution des douceurs aux fonctionnaires de l'Etat, par la préparation d'énormes banquets au cours desquels de très bons plats étaient servis et sous le règne du calife El-Aziz Billah, une cuisine a été créé et surnommée “Dar al Iftar”.

Sous l'époque des Ottomans, la fête était célébrée après la prière de l'aube du premier jour du petit Bairam. Les princes et les juges de l'Etat partaient en grand convoi vers la mosquée d'El Nasser Qalaoune qui se trouve à l'intérieur de la citadelle pour y faire la prière puis ils félicitaient le Pacha qui, le 2ème jour de la fête, célébrait officiellement la fête dans le kiosque qui lui était aménagé sur la place El-Ramla.

Les princes, les grands officiers, les notaires et les courtisans lui présentaient leurs félicitations alors que les douceurs , les boissons et le café leur étaient servis. L'encens se répandait sur toute la place. Puis le Pacha honorait quelques hautes personnalités et donnait ensuite l'ordre de libérer quelques prisonniers.

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